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Peur du conflit au travail : pourquoi l’éviter aggrave souvent la situation

Je fête cette année mes 20 ans d'accompagnements psychothérapeutiques, ça pourrait signifier une vaste expérience, pourtant, face à cette question, je me suis dit supprimons le travail et le problème ne se posera plus !  C'est un peu léger comme réponse! Pourtant il s’agit de quelque chose de cet ordre qui vient nous tétaniser, peur de la perte de notre emploi dans ce monde en compétition permanente. Si en plus  nous sommes doté d’une imagination galopante, nous imaginons les pires scénarios, le conflit en question a vite fait de nous paraître monstrueux et à éviter à tout prix.

Dans cet article, nous verrons comment la peur du conflit au travail s’enracine souvent bien au-delà de la situation présente, et comment l’accueillir peut ouvrir un chemin plus juste pour se positionner et s’exprimer.

L'article en bref

  • La peur du conflit n’est pas à gérer, mais à reconnaître.
  • Elle signale souvent une rupture du sentiment de sécurité.
  • Éviter le conflit nourrit le non-dit et fragilise l’intégrité.
  • Partir de son ressenti ouvre un autre espace de rencontre.
  • Accueillir la réalité telle qu’elle est permet un positionnement plus juste.

Peut-on vraiment « gérer » la peur du conflit ?

Peut-on gérer notre peur, comme on peut gérer un planning, une organisation, une équipe… ? La peur est quasi organique. Dans le monde animal, elle peut provoquer le figement, la tétanie, mais aussi la fuite… En dehors de  ressentir cette peur, je ne vois pas de prime abord, comment le mot, gérer peut lui-être associé ? Et qu’est-ce qui amène un système, une société, un groupe d’être humain, à envisager l’idée même de vouloir « gérer » la peur ?

La peur comme signal interne, pas comme un problème à supprimer

La peur et la rupture du sentiment de sécurité

Nos peurs sont des indicateurs d’une rupture dans le continuum sécuritaire dans lequel nous avons réussi à croitre. Nous sommes chacun unique et singulier et notre équilibre interne dépend en grande partie des processus adaptatif que nous avons dû mettre en place pour croitre dans notre environnement familial et sociétal.

Stratégies adaptatives et situations nouvelles

Que nous le souhaitions ou non, nos stratégies adaptatives sont toujours prévalentes alors que nos contextes ne sont plus les mêmes. En effet lorsque je suis confronté à quelque chose de nouveau, le premier réflexe de mon corps est de m’envoyer un signal (attention situation inconnue, ou situation insoutenable déjà connue) dans tous les cas un bouleversement de mon homéostasie (équilibre interne en lien avec l’externe) est annoncé.

Quand la peur passe… ou s’installe

Si la situation est reconnue car déjà vécue et intégrée, la peur va passer comme un nuage dans un ciel dégagé, ce n’est pas menaçant. Dans la reconnaissance de ces lambeaux de peurs je vais en atténuer progressivement son impact, jusqu’à m’en libérer. Plus j’ose rencontrer mes peurs et plus je leurs reconnais le droit à l’existence, plus je me libère du poids de mon passé, moins j’essaie de me couper de mes ressentis pour faire face. Je reconnais l’inhérence de la peur à la vie et j’apprends à me guider en connaissance de cause.

Peur du conflit : quand le passé influence le présent

Nos peurs sont souvent l’ombre de notre passé, et bien souvent l’ombre même nous fait peur, c’est en assimilant cette dimension de nous, non portée à notre conscience, mais sous-jacente dans notre organisation interne que nous pouvons sortir de cette boucle récurrente invalidante.

Le conflit au travail : un cadre plus ou moins sécurisant

Pour ce qui est du conflit plusieurs questions se posent et elles ne sont pas exhaustives :

  • Mon organisation est-elle suffisamment facilitante pour que chacun puisse exprimer son point de vue sans risques ?
  • Est-ce que je me donne le droit d’oser exprimer mon point de vue et sinon quels sont les freins pour moi à cette expression ?
  • Est-ce le jugement de l’autre, mon propre point de vue vis-à-vis de mes compétences à prendre la parole, le comportement de mes collègues ou de ma hiérarchie, la délicatesse du sujet… ?

Pourquoi éviter le conflit aggrave souvent la situation

Vu de l’extérieur le conflit, en tant qu’entité, n’est pas franchement séduisant, toutefois quelle que soit la situation, il s’agit encore de rapports humains, (pour les conflits avec une IA je n’ai pas encore suffisamment de matériaux). Ce dont j’ai pu faire l’expérience est que le refus de rencontrer le conflit est souvent néfaste au bien être individuel car tout devient larvé, flou, indistinct, nous entrons dans l’univers du non-dit et cela complique encore la complexité des rapports humains.

Si vous souhaitez être accompagné dans ce cheminement, vous pouvez prendre rendez-vous en psychothérapie.

Comment aborder un conflit sans s’y perdre

La rumination mentale, fausse solution

Contrairement à certaines recettes de cuisine anciennes où le mijotage bonifie le plat, la rumination mentale de longue durée, n’est pas propice à l’ouverture à l’autre et à son point de vue.

Préserver son intégrité avant toute chose

C’est pourquoi il faut d’abord maintenir la vigilance sur notre intégrité, personne n’a le droit de nous piétiner, de nous rabaisser, de nous manipuler…vous pouvez compléter la liste si besoin. Apprendre à poser ses limites, apprendre à dire non, ne va pas de soi, nous y reviendrons.

Parler depuis son ressenti plutôt que l’accusation

Si toutefois ce cap a déjà été dépassé et afin de pouvoir vous exprimer malgré le poids des rancœurs profondément ancrées, je vous invite à vous exprimer à partir de votre ressenti intérieur (voilà ce qu’il se passe en moi face à cette situation…), plutôt que, espèce de gros c.., qui met l’autre en posture défensive peu propice à l’écoute de votre point de vue. Certes je force le trait mais la caricature réduit la bêtise à une petite chose insignifiante et je trouve cela salutaire.

Désirs, attentes et réalité : une clé pour comprendre les conflits

La « philosophie de la réalité »

Je suis adepte de ce que j’appelle la philosophie de la réalité, vivre les évènements tels qu’ils sont, sans que mes désirs, mes besoins, ma volonté … ne viennent oblitérer cette réalité au profit de mes attentes, source de bien des maux.

Quand le non-dit devient un mode de fonctionnement

Un exemple ? Combien de fois, avons-nous fait une rencontre à laquelle nous avons voulu croire, où nous avons paré l’autre de toutes les qualités attendues et enfin révélées par sa présence ? Nous créons un univers qui nous convient, nous sommes enfin arrivés. La réalité frappe à notre porte et indique certains écarts dans le contrat intérieur initial ? Quelques nuages dans un ciel d’été! Nous commençons souvent à modérer la réalité des informations qui viennent assombrir ce tableau idyllique. Insidieusement, sans même en prendre conscience, nous finissons par gommer de nous ce qui semble empêcher l’harmonie initiale, par nier nos propres désirs, pour que puisse s’exprimer librement l’objet de notre amour tellement attendu. Parfois il n’y a pas de changement, la situation se stabilise, le non-dit devient le mode de vie !


Souvent toutefois, une prise de conscience progressive de la rupture de notre intégrité, va permettre de mettre en place, si c’est possible, des modalités d’échanges visant la reconnexion à une dimension appelée réalité subjectivée (dont j’ai conscience). L’atterrissage, connexion à la terre, matérialisant la réalité, est parfois douloureux mais toujours salutaire. Je prends conscience que mon identité est peut être fragmentée par mes besoins non comblés, que mon désir d’être aimé, fait que je suis sensible à la moindre marque d’estime, que les critiques me terrifient, que je suis très sensible à la moindre volonté de prise de pouvoir sur moi et que je fuis ces situations.

Si ces questions vous touchent, une séance de psychothérapie peut vous accompagner.

Authenticité et relation vraie : l’éclairage de Carl Rogers

« Bref, nous dit Rogers je trouve efficace de me permettre un comportement authentique ; de connaître les limites de ma résistance, ou de ma tolérance, et d’accepter ces limites comme des faits ; de repérer à l’occasion, mon envie de façonner ou de manipuler les gens, et d’accepter cette envie comme un fait. J’aimerais accepter ces sentiments comme j’accepte d’être chaleureux, attentif, permissif, gentil ou compréhensif, de manière tout aussi authentique. Quand j’accepte vraiment ces attitudes comme un fait, comme partie intégrante de moi-même, ma relation avec l’autre devient vraie ; elle se développe et se modifie plus facilement. »

Lire aussi d'autres analyses de Carl Rogers : Communiquer de manière authentique est-possible? Partie 1/6

Pour conclure : dépasser la peur d’affronter les autres

Finalement doit-on continuer employer des mots guerriers comme affronter, combattre, face à nos contemporains qui sont eux même terrorisés, la désescalade dans le conflit passe également par l’emploi de mots tels que conciliation, entraide, accompagnement, échanges…

L’idée centrale étant d’apprendre à reconnaitre ce qui est présent en moi à l'évocation de ce que je considère comme un conflit potentiel. La peur ne facilite pas la circulation informationnelle, elle vient masquer ce qui se joue en nous et provoque souvent l'évitement d'une rencontre profonde avec soi (figement corporel, prédisposant aux pathologies de toutes natures, fuite mentale, ratiocinations et toutes ces sortes de choses.

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